Bienvenue chez nous. Si le cirque vous intéresse, vous êtes au bon endroit.
Entrez, entrez…mesdames et messieurs, venez assister à un spectacle particulier, les discussions de deux amis sur le cirque. Selon leurs humeurs, ils vous parleront du cirque .Cirque d’hier ou d’aujourd’hui . Le spectacle est permanent et se déroulera sans filet.
En supplément, vous aurez la grande faveur de participer à la représentation. Les plus courageux nous enverront leurs commentaires. Qu’on se le dise!
Émile Carey et Marie-Claude Chamberland viennent de nous faire part de la naissance de leur fille Margaux survenue le 20 octobre à la maison des naissances de Pointe-Claire (agglomération de Montréal). Margaux, la nouvelle venue sous la protection de sa grande soeur, Agathe. Un futur duo artistique? (photo Émile Carey)
C’est le deuxième enfant de ces jeunes artistes, déjà parents d’une petite fille (notre billet du 24 février 2009). Émile, le jongleur et Marie-Claude, la cantatrice sont bien connus de nos lecteurs. Le duo, Émile et Marie-Claude, en représentation. (photo La Bande Artistique)
Ils ont associé récemment leurs deux disciplines artistiques pour former un numéro comique absolument original. Nous avons d’ailleurs évoqué cette production lorsqu’elle a été présentée en juillet dernier à l’Espace Go dans le cadre du festival de Montréal. La Bande Artistique , c’est ainsi que se nomme leur association, se produira en avril à la Tohu. Nous les reverrons plaisir. http://www.bandeartistique.com/
Marie-Claude et Émile. (photo archives Alonzocirk)
Toutes nos félicitations aux heureux parents. Claude et Guy
Le Festival du Nouveau Cinéma nous a fait un beau cadeau en rendant hommage à Pierre Étaix. Le public était nombreux en ce jeudi 14 octobre à la Cinémathèque pour assister à la présentation du film Yoyo (1965). La salle composée de cinéphiles et de circophiles, pour certains les deux à la fois, fit un bel accueil au clown-réalisateur. Mais Pierre Étaix est bien davantage, comme nous l’avons souligné dans ces pages, le 7 juillet 2009. Dans ce billet, nous annoncions sa victoire juridique après un invraisemblable imbroglio qui pendant de nombreuses années l’avait privé du droit de diffuser ses films. C’est aujourd’hui un film fraichement restauré que nous avons eu le privilège de visionner à Montréal. Pierre Étaix répond aux questions des spectateurs à l'issue de la projection. (Photo Alonzocirk).
Pierre Étaix et sa charmante épouse et collaboratrice Odile. Très disponibles, ils posent pour notre blogue. (Photo Alonzocirk)
Un film poétique réalisé tout en finesse à l’image de l’homme que nous avons rencontré. Les détails sont soignés, les clins d’œil abondent et ravissent les amateurs, allusions aux films de Jacques Tati avec lequel Pierre Étaix a d’ailleurs fait ses débuts au cinéma. Charlie Chaplin, les Marx Brothers, Fellini avec La Strada sont aussi évoqués déclenchant les rires dans la salle.
Le châtelain (Pierre Étaix) rêve à sa belle écuyère.
C’est tout simplement , un film réalisé par un clown de talent où l’esprit du cirque est omniprésent. Les gags y abondent, une des spécialités de Pierre Étaix que l’on qualifie souvent de « gagman ». L’histoire? Elle est bien simple, un richissime industriel s’ennuie dans son immense château rêvant à l’écuyère de cirque qu’il a connu autrefois. Il la retrouve accompagnée d’un fils dont il ignorait l’existence
Un extrait du film.
Le trio prend la route donnant des représentations en plein air, en palc selon l’expression du métier. Le fils, devenu le clown Yoyo, fait carrière dans la profession, se lance en affaires et accède à la fortune. Ce qui lui permet de remettre en état le château familial abandonné lors du crack financier de 1929 qui avait ruiné son père. Mais lui non plus ne connaît pas le bonheur. Il est amoureux d’une belle trapéziste qui ne veut pas quitter le monde du voyage (l’histoire se répète). Lui aussi finira par abandonner son château pour aller rejoindre sa bien aimée. En fait, ce film est un hommage au cirque puisqu’il est présenté comme seul refuge où les protagonistes, abandonnant la vie sédentaire, trouveront amour et bonheur.
Luce Klein, la belle écuyère, et le jeune Philippe Dionnet incarnant Yoyo enfant transportés par l'éléphant Siam (Photo Site Luce Klein http://dufresne.jean.free.fr/)
Si l’œuvre de Pierre Étaix présente le monde du cirque de façon idyllique, l’amateur, le « circusfan », y trouve néanmoins son compte. Outre les gags qui font de ce film une gigantesque entrée comique, la collaboration du cirque Pinder contribue à donner une atmosphère authentiquement circassienne. Pinder hier comme aujourd’hui se distinguait par ses animaux. Leur plus beau représentant, l’éléphant Siam, incontestable vedette joue un véritable rôle dans cette production. J’ajouterai encore que ce n’est pas sans émotion que l’on retrouve le fameux trio clownesque, Pipo, Dario et Mimile.
Monsieur Étaix était très généreux de son temps, répondant à toutes les questions, rétablissant au besoin la vérité historique. (photo Frederico Iuliani).
C’est vendredi soir et sous des trombes d’eau nous nous rendons à la Tohu… Nous sommes invités par l’École Nationale de Cirque de Montréal à voir ‘’Ich bin… fin de party’’ l’œuvre en évolution de six finissants, récents diplômés de cet établissement. Cela est l’occasion unique, pour nous, d’apprécier le travail collectif de ces jeunes artistes.
Sous la direction de Peter James les membres de cet atelier nous entrainent dans une ambiance fin de guerre en Allemagne nazi. La présence de projecteurs anti aériens ainsi que la bande musicale ne nous permettent pas d'erreurs. Alma Buhalzer au trapèze ballant, Joaquin Ciocca au monocycle, Ugo Dario et Maxime Laurin à la planche coréenne, Diana Patricia Gonzalez Rodriguez au cerceau ballant et Thomas Saulgrain aux anneaux chinois nous démontrent leur talent. Il y a là un numéro où trois artistes sont sur des trapèzes imbriqués l’un dans l’autre, et ils prennent des risques que nous ne sommes pas habitués à voir ici où l’usage de la longe est omniprésent. J’ai remarqué également le travail sur monocycle, mais tous sont prometteurs et se dépensent énormément.
Nous avons à faire à un travail en progression, mais ce que nous avons vu nous rassure sur leur avenir, car comme le dit la documentation mise à notre disposition, ça travaille, ça pousse, ça tire, ça rit, ça hurle, ça cherche et ça creuse. C’est un Cirque de risque… Ils ont eux la chance de faire une résidence de formation en Argentine et ils seront prochainement à Salzbourg, en Autriche, où ils participeront au Salzbourg Circus Winterfest. Moi, j’ai confiance, après les avoir vu, le Cirque, tous genres confondus, a un bel avenir.
L’art du funambulisme date de la nuit des temps. Au moyen-âge ces artistes tendaient leur fil entre les tours des cathédrales. Plusieurs siècles plus tard, ils traversaient les chutes du Niagara, comme Blondin. Moi, je les ai découverts sous les chapiteaux du cirque, où ils devinrent fildeféristes. C’est ainsi qu’un jour, sous le chapiteau du Cirque du Soleil alors naissant, je fis la connaissance d’Antoine et Agathe. C’était lors d’une représentation du spectacle ''Le cirque réinventé'' et je fus émerveillé.
Après avoir voyagé sous d’autres cieux, ils fondèrent en 1996 la compagnie Les Colporteurs. C’est cette troupe que nous avons eu le plaisir de voir à la Tohu de Montréal. En 2000, après un bête accident, Antoine ne peut plus remonter sur son fil. Suite à des demandes répétées de jeunes artistes voulant se perfectionner à son contact, les Colporteurs repartent avec six jeunes fildeféristes de talent. C’est ''Le fil sous la neige'' qu’ils présentent, dans une mise en scène d’Antoine Rigot, à travers toute l’Europe. Évidemment, Agathe est toujours là, elle est même la reine, au milieu de ces jeunes devenus de formidables danseurs de corde. Parmi eux, j’ai retrouvé Molly Saudek que j’avais vue des années auparavant dans un spectacle de finissants de l’École Nationale de Cirque de Montréal et qui m’avait impressionné. Ils travaillent sur une invraisemblable installation de fils qui s’entrecroisent à différentes hauteurs. Eux se poursuivent, se croisent, dansent sur toutes sortes de rythmes, tantôt alertes, tantôt langoureux, sur la musique de trois musiciens qui semblent improviser tant leur musique suit le tempo des artistes.
Tous sont performants et ont de grandes qualités, mais j’ai retenu Julien Posada qui exécute deux sauts périlleux arrières et surtout un saut périlleux avant qui nous époustouflent. Il y a Agathe, qui sur son fil, marche en talon haut comme le fait ici Nicolette Hazenwinkel. La scène finale est d’une forte intensité lorsque Antoine vient la rejoindre sur la piste, elle sur son fil, lui en bas. Nous comprenons sa peine de ne pouvoir la rejoindre et nous comprenons également que ''Le fil sous la neige'' raconte leur histoire, leur amour l’un pour l’autre et pour leur métier. Un très beau spectacle.
Lors des manifestations de samedi dernier (4 septembre) contre les expulsions massives des Roms (ou Tziganes), la présence du Cirque Romanès a été fort remarquée. Mêlée à des dizaines de milliers de manifestants, une délégation de ce cirque a marché dans les rues de Paris pour protester contre la décision du gouvernement français de renvoyer ces nomades vers la Roumanie ou la Bulgarie, leurs pays d’origines.
Cette délégation était menée par Alexandre Romanès, fondateur et patron du cirque. De son vrai nom Alexandre Bouglione, il est le fils du dresseur de fauves Firmin Bouglione, l’un des quatre frères qui firent l’acquisition du Cirque d’Hiver de Paris en 1934. Après avoir pratiqué l’acrobatie et le dressage, il quitte le grand cirque familial et s’en va présenter un numéro d’échelle libre dans les rues de Paris. Âgé de vingt-cinq ans, en 1976, il est alors motivé par un ardent souci d’authenticité, ce sera pour lui la recherche de ses origines, un véritable retour aux sources. Car les Bouglione font aussi partie de la grande famille des peuples voyageurs. Leur ancêtre, un montreur d’ours Sinti, originaire du Piémont (Italie), serait arrivé en France avant la Première Guerre Mondiale. En désaccord avec l’esprit d’entreprise de sa famille, Alexandre finira cependant par créer son propre cirque, mais un cirque à sa façon, un cirque dépouillé où la musique et la danse des Balkans ont une place prépondérante.
Nous devons ces photos à notre ami et correspondant Charles Caprani. On remarquera l'allure décidée d'Alexandre Romanès. Merci Charles.
En fait, Alexandre Romanès est un véritable poète, auteur de trois ouvrages. Un peuple depromeneurs, Le temps qu’il fait 2000, Paroles perdues, Gallimard NRF 2005, Sur l’épaule del’ange, Gallimard 2010. On pourrait s’étonner de cette vocation, mais voilà ce qu’il déclare : « Pourquoi j'ai écrit ? L'écriture n'est pas une tradition gitane. La poésie me semblait trop haute pour moi, inaccessible, et puis la vivre, pas l'écrire. Je m'étais fait une raison, mais pas le ciel. Lentement, au rythme des saisons qui passent, j'ai rempli un cahier d'écolier. Ce que je sais, c'est qu'il y a des poètes que j'admire. Peut-être que je n'ai pas supporté de les voir passer. J'ai voulu être l'un des leurs ».
Il précise par ailleurs : « J’étais depuis longtemps attiré par la poésie, je me suis lié d’amitié avec des poètes : Jean Genet, Jean Grosjean, Dominique Pagnier, Jean-Marie Kerwich, Thierry Metz, Christian Bobin.» À propos, avez-vous remarqué la référence à Jean-Marie Kerwich? Ça ne vous dit peut-être rien, mais certains de nos lecteurs les plus âgés se souviendront d'un cirque Kerwich qui circulait au Québec dans les années 60 et 70. C'était un petit établissement familial de la taille du cirque Akya. Jean-Marie Kerwich était alors un adolescent acrobate et clown, aujourd'hui, c'est un poète publié au Mercure de France (L'évangile du Gitan 2008).
Le cirque Akya correspond tout à fait à son slogan. C’est un magnifique petit chapiteau de 230 places où le public est à proximité des artistes.
Mais quels sont ces artistes?
Chocolat, Nicoletta et Mirko.
C’est d’abord une famille avec Rodrigue ``Chocolat`` Tremblay, le clown, ``Nicoletta`` Nicolette Hazewinkel, la ``chef``, et leurs enfants, Franka et Adrian.
Franka Tremblay au cerceau.
Franka à 14 ans est déjà une acrobate au cerceau, remarquable, élève de l’École nationale de cirque de Montréal, elle démontre ses capacités. Adrian, son frère âgé de 11 ans suit leur chemin.
Ils se sont entourés d’une joyeuse bande d’amis composée de jeunes artistes de talents.
Il y a d’abord Mirko Trierenberg qui, après une saison au cirque Monti, est venu se perfectionner à l’ENC de Montréal. Lors du 25ième festival du cirque de demain, à Paris, il a remporté la ``piste d’argent`` et le prix Annie Fratellini. Il est le maître de piste du spectacle. Un maître de piste un peu dans les nuages…
Philibert Hébert-Filion à la manipulation.
Philibert Hébert-Filion au rola-rola.
Puis on trouve Philibert Hébert-Filion, un spécialiste du rola-rola et de la jonglerie. Il a aussi un fabuleux numéro de manipulation où les balles ont l’air de prendre vie entre ses mains.
Il travaille avec sa compagne, Ariane Cabana et je pense que le benjamin de la troupe est leur fils qui, tout jeune, se fait balancer sous le fil de la fildefériste. On retrouve également Isabelle Provencher et Mélissa Lemire remarquables au main à main et aux numéros aériens.
Isabelle Provencher et Melissa Lemire.
Bref, chez Akya on retrouve l’ambiance des petits cirques européens encore populaires malgré tout, où chaque artiste est capable d’exécuter plusieurs numéros, ou même de participer à la majorité. De plus ils sont tous musiciens et viennent épauler les trois musiciens ``maison``, ce qui est très rare ici aussi. Ils ont vraiment l’air de s’amuser à nous amuser. Le public ``scotché`` à son siège réagi sans se faire attendre et quand arrive le final où la troupe nous offre un numéro de jonglage à tomber par terre, c’est du délire. Et il y a des animaux, enfin un! Un chien, ``Toupie``, qui n’en manque pas …de ``chien``! Les habitants de Longueuil, une proche banlieue de Montréal, et tout ceux de la région ont encore la chance de les voir jusqu’au début septembre, les autres, vous allez sur http://www.cirqueakya.com/ . Ah!, j’oublié, tout ce joli monde habite de magnifiques roulottes en aluminium pour la plupart récupérées à la casse et restaurées par Rodrigue Tremblay. Elles impressionnent encore malgré leur âge.
Guy.
Photos : Claude Bordez, D-Vine Projet, Dominique Charland.
Quand une maison comme Boucheron, le grand joailler parisien, et le Cirque du Soleil s’allient pour créer une série de colliers illustrant les productions du Cirque, on ne s’attend pas à trouver de la pacotille, loin de là. A la vue de la collection ``Inspiria``, nom donné aux vingt colliers plus spectaculaires les uns que les autres que comporte cette série, on ne peut que constater la virtuosité des artisans qui ont œuvrés à sa conception et réalisation.
Saltimbanco.
Les différentes pierres précieuses rassemblées pour ces œuvres constituent un camaïeu de couleurs extraordinaire. Ces bijoux sont remarquables pour leur simplicité apparente aux lignes fluides et aux tonalités extraordinaires.
Nouba.
A travers ces pièces nous retrouvons l’originalité des costumes des diverses productions du Cirque du Soleil. Ne pensez pas vous procurer une copie de ces merveilles, il n’en n’existe que deux collections, l’une privée et l’autre au fond Boucheron. Alors vous avez jusqu’au 29 août pour vous rendre au Musée des Beaux-arts de Montréal, pour les admirer et rêver…