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mardi 22 mars 2011

Le fondateur du Cirque Gatini est décédé

Nous apprenons la mort de Michel Gatien, le fondateur du Cirque Gatini, il était âgé de 71 ans. Ce décès, survenu le 14 février à Montréal, n’a pas eu d’écho dans les médias. Et pourtant Michel Gatien avait eu le mérite de créer et de diriger le premier grand cirque québécois, si l’on excepte l’établissement très particulier de Louis Cyr qui sillonna la province en 1899. Mais le Cirque Gatini dépassait de loin l’entreprise du fameux hercule québécois, tant par son ampleur que sa diversité. Michel Gatien (Photo tirée du programme de la première édition).
Créé en 1977, il devenait, dès la deuxième année, le quatrième cirque d’Amérique du Nord par le nombre de ses artistes. Il possédait alors deux unités, c'est-à-dire deux chapiteaux, qui parcouraient tout l’est du Canada, de la frontière du Manitoba à Terre-Neuve.
Couverture du programme de la première édition (version anglaise).


Couverture du programme de la deuxième édition (version anglaise).

La troisième saison en 1979 fut la dernière de ce cirque, probablement victime de son succès et de sa croissance trop rapide. Mais en trois ans, cet établissement éphémère avait pu réaliser ce qu’aucun autre cirque n’a pu accomplir depuis lors, visiter toutes les villes du Québec, même les plus éloignées. J’ajouterai aussi que sa présence a suscité bien des vocations qui, selon moi, ont contribué à l’engouement pour le cirque que connaît aujourd’hui le Québec.

Couverture du programme de la troisième édition.
Avant de se retirer définitivement du monde du cirque, Michel Gatien a encore offert aux Montréalais un spectacle gigantesque au vélodrome olympique (devenu aujourd’hui le biodôme). Ce spectacle intitulé Le Supercirque d’Amérique Végas eut lieu du 17 au 23 mars 1981. L’aventure du Cirque Gatini est racontée dans le livre Dernier Tour de Piste réalisé par Claude Bordez et Giovanni Iuliani et publié aux Éditions JCL de Chicoutimi en 2002.
http://www.jcl.qc.ca/fr/detail_livre.php?id=108
Il peut aussi être consulté à la bibliothèque de l’École Nationale de Cirque de Montréal. http://www.ecolenationaledecirque.ca/fr/institution/le-cirque-de-a-z

Claude

lundi 7 mars 2011

Impro-cirque récidive!

Amateurs d’improvisation cirque , réjouissez-vous!
Après le festival (billet du 5 août 2010), et la soirée du 13 novembre (billet du 10 novembre 2010) impro-cirque nous reviendra le 12 mars.
Pour ceux qui vivraient sur une autre planète et ne connaîtraient pas le principe de cette compétition-spectacle, précisons qu’Impro-cirque est basée sur le modèle de la LNI (Ligue nationale d’improvisation de théâtre). La différence essentielle, à mon avis, est qu’au lieu de lancer des claques (couvre-chaussures), on bombarde l’arbitre avec des nez de clowns.

Nous venons d’apprendre la composition des équipes en présence. Je vous la donne pour vous mettre l’eau à la bouche.
LES ROUGES
Tom Cholot alias Le Chelou, Soizick Hébert (Suzy), Ugo Laffolay (The End), Samuel Roy (Catch), Anna Kichtchenko (Kitch).
LES BLEUS
Raphael Cruz alias Muffin Top, Rock Jutras (Rocco), Hugo Ouellet-Côté (On the Side),
Nicolas Boivin-Gravel (Throw), Evelyne Lamontagne (La petite).
Ça promet beaucoup. Il va y avoir du sport à n’en pas douter.
Si vous connaissez, je n’ai pas à vous convaincre, pour les autres, vous allez découvrir un aspect du cirque qui manquait à votre culture.
Pour les sceptiques, je tiens à préciser que ce billet n’est pas une commandite :-)
Samedi 12 mars 2011, 20 h.
Gare Dalhousie (studios de création du Cirque Éloize)
417, rue Berri, Vieux-Port de Montréal
Billets en pré-vente à la Boutique Saltimbanque (3119, Rue Hochelaga, Montréal)Pour tous renseignements:Nicolas Fortin (438-889-9023) et Philippe Trépanier (514-586-5839)improcirque@gmail.com
Claude

dimanche 6 mars 2011

Les marionnettes et le cirque.

L'espace scénique.

Les marionnettes ont toujours fait bon ménage avec le cirque, mais lorsque l’on m’a demandé d’écrire un article sur ce sujet je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Je me souvenais bien d’avoir vu à Montréal les poupées de Micheline Legendre (çà c’est pour les vraiment vieux) ou encore Bobinette à la télévision de Radio-Canada qui étaient des marionnettes à gaines.

Le public.
Je ne pensais certainement pas me retrouver dans une cave chichement éclairée et remplie de vieilleries, fûts, caisses, boites, etc. Ni être assis avec une soixantaine de personnes sur un gradin inconfortable et pour ainsi dire faisant parti du spectacle tant les marionnettistes et l’espace scénique étaient envahissants. Ce qui m’a frappé d’emblé c’est le peu d’enfants parmi l’assistance. Il y a là deux manipulateurs, qui sont-ils, nous ne le savons pas. Je dirais plutôt qu’ils viennent faire le ménage de toute la cochonnerie empilée dans ce lieu, ce sont certainement des récupérateurs qui viennent le vider.

L'homme oiseau et la siréne.

L’histoire qui nous est racontée a pour titre ``Le Cirque Orphelin``. Elle débute lorsque les deux personnages trouvent une petite roulotte jouet. De là leur vient l’idée de faire un cirque avec ce qui les entoure. Nous faisons la connaissance d’un Monsieur Loyal hideux qui va diriger la troupe de marionnettes difformes. Nous sommes loin du cliquant du cirque tel qu’on le connaît, car nous sommes resté dans cette lumière glauque environnante et nous assistons plutôt à un ``freak shown`` qu’autre chose. C’est là que j’ai compris pourquoi il y avait si peu d’enfants, nous avons affaire à des monstres.

L'handicapé trompe la mort.

C’est une production de la troupe des Sages Fous, de Trois Riviéres, qui ont une très grande réputation internationale. Catherine C.Mousseau, et Jacob Brindamour en étaient ce jour là les marionnettistes qui se disent dompteurs de marionnettes sauvages. C’est du théâtre qui dérange et surprend, et je suis d’accord avec eux.

L'homme oiseau.

Ils manient leurs marionnettes à tiges avec un talent fou et on fini par oublier leur présence pour ne voir que leurs petits personnages. Quelle imagination pour, avec quelques accessoires, faire ce monde hyperréaliste. Bravo également pour les éclairages discrets réalisés à l’aide de minuscules leds et de petites lampes de poche mettant en valeur juste ce que l’on doit voir. En un mot ce Cirque Orphelin montre une grande histoire d’amour dans un monde d’exploitation et de laideur.
Ce spectacle a été vu dans le cadre du festival international de théâtres de marionnettes pour adultes et enfants qui s’est tenu à Montréal du 3 au 6 mars avec la présence de nombreuses troupes étrangères.

Guy.
Pour en savoir plus: www.sagesfous.com

Photos : Cinthia Chouinard.

dimanche 27 février 2011

Un petit joyau à découvrir.

Je vous ais déjà parlé du théâtre Ste Catherine, ce petit théâtre de poche de Montréal, j’y suis retourné pour voir le spectacle de la troupe Circus Montréal. C’était un samedi soir gris et morne, aux trottoirs boueux de neige fondante, bref pas la joie. J’en suis sorti tout ragaillardi. Il s’agit d’une petite troupe fort sympathique qui nous offrait leur dernière production ``Circus Iverno’’. Nous avons là un groupe de voisins plutôt déjantés qui cherche à passer l’hiver de façon agréable. C’est un joyeux cocktail de comédie, de cirque et de chanson mené par Aythan Ross.
Aythan Ross.
C'est un jongleur équilibriste fort habile. Il est entouré de la chanteuse de jazz Kim Zombik à la voix ensorcelante.


Kim Zombik.

On y voit un clown, plutôt un fantaisiste, Mr Smythe, qui a un numéro avec, pour seul accessoire, une minuscule lampe de poche. Le spot que fait cette lampe sur un mur se transforme en balle de pingpong et nous avons le bruit des rebonds qu’il fait avec sa bouche. Cette balle est animée d’une vie assez imprévisible et elle joue plus d’un tour à ce pauvre Mr Smythe, il va même être obligé de l’avaler par mégarde. Heureusement tout est bien qui fini bien et il récupère sa lampe de poche. Il revient plus tard avec un numéro de marionnette très réussi. Tout cela présenté avec simplicité, sans falbalas, un très bon artiste. On voit aussi Lise Vigneault avec un numéro de clown puis Phil Leconte et Colin Franks avec leurs numéros de yoyo, diabolo et jonglerie. Mais c’est Catherine Viens, au mât chinois et au tissu, qui fait que ce spectacle mérite d’être vu. N’oubliez pas que tout cela ce passe sur une scène grande comme un mouchoir de poche, elle prend des risques avec ces numéros qui demandent beaucoup plus d’espace, bravo!


Catherine Viens.

L’ambiance était très chaleureuse avec un public réceptif et sympathique.
En conclusion une bonne soirée qui m’a permis de découvrir une autre facette du cirque montréalais loin du circuit institutionnel.

Guy.

Photos : Circus Montréal.
Catherine Viens: http://www.4rines.com/

jeudi 17 février 2011

Le Festival du Cirque de Demain, un bon coup pour la Tohu.

Pour débuter sa nouvelle saison de cirque la Tohu frappe fort, elle a invité pour la deuxième fois, dans le cadre du festival Montréal en Lumiére, des numéros primés du Festival du Cirque de Demain qui se tient chaque année à Paris, sous le chapiteau du Cirque Phénix. Cela semble t’il pourrait devenir un évènement se répétant tous les deux ans, Paris et Montréal étant deux villes où le cirque occupe une place prépondérante. Nous avons donc pu apprécier dix numéros primés en 2009 et 2010 qu’il nous est difficile de départager étant donné qu’ils sont les meilleurs de leur catégorie. En réalité je devrais dire huit et demi, je m’explique : Uuve Janson, la jeune suédoise titulaire de la médaille d’or 2010 pour son numéro de trapèze ballant, que j’avais hâte de voir, a dû annuler sa présentation n’ayant pas résisté aux rigueurs du climat deMontréal. Pourtant elle a été l’élève de Victor Fomine et donc diplômée de l’École Nationale de Cirque de Montréal en 2008. Le trio tunisien de mât chinois a dû se passer d’un de ses membres suite à un accident lors d’une répétition, c’est dommage car on se rendait compte que ce qu’ils ont fait n’était pas complet. Petite précision, suite aux évènements qu’à vécu la Tunisie, l’école de Cirque de Tunis, d’où ils sont issus, n’existe plus. C’est dommage car la Tunisie fait partie de ces pays qui commencent à être pourvu d’établissements d’enseignement en art du cirque et ce groupe est un des premiers à être primé dans un festival d’envergure internationale. Ils ont reçu une médaille de bronze en 2009.
En réalité le spectacle commence avant le spectacle, car vous êtes accueillis par Calixte de Nigremont (C’est son vrai nom). A lui seul, il est tout un personnage, il apostrophe les spectateurs lors de leur entrée en salle et il est doué d’une imagination sans borne, il est le maître de piste et mène son monde à la baguette.


Calixte de Nigremont.


A Paris le numéro d’ouverture et la barrière sont assurés par des élèves de l’Académie Fratellini, à Montréal ce sont des élèves de l’École Nationale de Cirque de Montréal qui s’en chargent fort bien d’ailleurs, car leur charivari est remarquable. Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est la « barrière » au cirque: C’est le groupe de personnes, souvent d’autres artistes du spectacle, qui assurent la mise en place des accessoires nécessaires aux numéros, ils doivent être discrets et éfficaces.
Les numéros sont excellents, qu’ils soient de Chine, d’Afrique du Sud, de Norvège, du Kazakhstan ou de Russie, mais disons qu’ils n’ont pas tous réussis à me toucher autant que mes trois coups de cœur.
Il y a le duo You and Me, de l’Ukraine, médaille d’argent 2010 pour leur numéro de main à main. C’est une frêle jeune fille et un garçon plutôt costaud, mais là où ça se corse c’est que cette jeune fille est également porteuse. Il faut voir se numéro absolument renversant.



Le Duo You and Me, Ukraine.

Ensuite Éric Longequel et Antonin Hartz, deux Français de la Cie Filophile, médaille d’argent 2010. Ils nous ont montré ce qu’ils pouvaient faire de leurs diabolos, animés, par leurs soins,d’une vie diabolique, assez exceptionnel.


Eric Longetel et Antonin Hartz, France.

Pour terminer, Kerol, d’Espagne, médaille d’argent 2010. Il a été formé au Lido de Toulouse et fait partie de la Sublimati Corporation, il s’annonce comme jongleur et human beatbox. C’est un fantaisiste comique qui en plus de jongler avec ses massues utilise sa bouche pour nous noyer de son bizarres, mené sur un rythme d’enfer, c’est curieux, mais à voir.


Kérol, Espagne.

Conclusion : Ne bouder pas votre plaisir, si cela vous est possible allez applaudir la relève de demain, car je ne vous ais pas encore précisé que tous ces numéros étaient exécutés par des jeunes souvent à peine sortis de formation.
Le Cirque, comme je le répète souvent, a encore de l’avenir, soyez en assuré.

Guy

Crédits photos : Gérard Cardoso, Serge Fleury, Yan Forhan.

lundi 14 février 2011

Une merveilleuse jongleuse

Nous venons de recevoir ce très beau document et nous nous faisons un plaisir de le partager avec vous. Il met en scène, une merveilleuse jongleuse, la Française Françoise Rochais.
Le talent de cette artiste se révéla de façon précoce, puisqu’elle commença le jonglage à l’âge de huit ans. Dans son site (http://www.francoiserochais.com/ ), on note quelques événements qui nous renseignent sur sa progression et sa valeur. En 1989, lors du 12ème Festival du Cirque de Demain à Paris, elle obtient la médaille d’argent. Elle était, alors, à peine âgée de seize ans.
En 1995, c’est la médaille d’or à la convention de la International Jugglers' Association à Las Vegas
En 2000, le record du monde Guiness, jonglage avec 7 bâtons.


Cette vidéo http://www.youtube.com/watch?v=8eZBmEPjeIA
qui se trouve sur son site a été prise en janvier 2011 dans le célèbre cabaret Friedrichsbau de Stuttgart (Allemagne). Qu’en dites-vous? Personnellement, je suis littéralement sous le charme de cette prestation, alliant élégance, difficulté technique et glamour.
La verrons-nous un jour à Montréal? On ne peut que le souhaiter, car les jongleuses se font rares. La dernière en date, c’était Maria Choodu Markova au Cabaret des 7 Doigts de la Main lors du Festival de Montréal (billet du 17 juillet 2010). Elle, aussi, nous avait impressionnés, mais dans un style bien différent (balles rebonds).
Avis aux promoteurs ou organisateurs de spectacles.
N.B. Giovanni Lagorio qui nous a fait parvenir ces documents est aussi le réalisateur du site de Françoise Rochais. Vous pouvez d'ailleurs admirer l'ensemble de ses oeuvres en passant par notre lien permanent (Photo) ou directement http://www.gio591.com/
Si vous voulez en savoir plus sur cette jongleuse, allez sur
Circopedia: www.circopedia.org/index.php/Françoise_Rochais où vous trouverez l'excellent article de Dominique Jando.
Claude

lundi 7 février 2011

La remise des prix au Festival.

Juste un petit complément à notre précédent billet du 3 février.
Simplement pour partager avec vous, trois moments particuliers du Festival du Cirque de Demain, qui nous touchent de près. Les reconnaissez-vous?

Stéphane Lavoie, le Directeur Général de la Tohu Montréal était cette année, le président du jury. Le voici en train de remettre le Prix de la Tohu au Duo Reik, main à main, Cuba.

André Simard, concepteur en performance acrobatique et artistique au Cirque du Soleil et membre du jury remet son trophée au jongleur Wes Peden des États-Unis, lauréat de la médaille de bronze.

Guillaume Dufresnoy, Directeur artistique du Big Apple Circus de New York et membre du jury, remet le Prix du Big Apple Circus à Uuve Jansson, lauréate de la médaille d'or.

Le palmarès de ce festival nous a mis en appétit et nous sommes impatients de voir la sélection des lauréats qui sera présentée à la Tohu du 15 au 27 février.

Tous les détails: http://www.tohu.ca/fr/activites/fiche.aspx?aid=380

Photos: copyright Chantal Droller.

Claude et Guy